Immobilier


Des riverains  pris en sandwich entre plusieurs avenues d'éoliennes, comme cela est déjà le cas pour les habitants de certains villages jurassiens (par exemple Le Peuchapatte dans le canton du Jura) conduit naturellement les propriétaires à se poser la question suivante:

Quelle dépréciation va subir ma propriété sur le marché immobilier?
 
Personne ne conteste, que le cadre de vie influe directement sur la valeur de la propriété immobilière. Longtemps à la traîne, certaines régions du Jura se sont nettement valorisées ces dernières années sur ce plan-là.  Pour preuve le nombre croissant de nouveaux résidents attirés par la tranquillité des lieux, les prix de l'immobilier encore abordables, et une qualité de vie supérieure à celles des grandes agglomérations. Le cadre naturel jurassien, constitué par ses forêts, ses pâturages et ses crêtes magnifiques est étroitement lié au sentiment de bien être que les habitants ressentent. Ces espaces naturels représentent un label de qualité unique dont la valeur est inestimable. Non seulement, car cela suscite l'envie de vivre en ces lieux, mais aussi d'y séjourner. De venir y passer ses vacances en été comme en hiver. De faire du vélo, de l'équitation, du ski de fond et de la raquette en hiver. Tout ces atouts font partie de la carte postale d'une région, de tout ce qui la différencie d'une autre, et finalement de tout ce qui la rend unique.
Dans ces conditions, la présence de multiples parcs industriels éoliens ne peut que créer une dévalorisation du cadre de vie, dont les répercussions sur le désir de s' y établir, ou au contraire d'y partir, ne peuvent logiquement être nulles, comme le prétendent les promoteurs de l'industrie éolienne.
 
L'expérience européenne des éoliennes commence à montrer les répercussions négatives que l'accumulation des centrales industrielles de ce type est susceptible de créer sur le marché de l'immobilier. 

En raison de la récession qui touchent certains pays européens, de nombreux propriétaires  désirent vendre leurs biens. Les propriétaires jouxtant les parcs éoliens sont largement défavorisés, car bien que leurs maisons se liquident pour une bouchée de pain, ils ne trouvent pas d'acquéreurs. Pourtant, s' y on se réfère aux documents d'une histoire récente, les endroits étaient idylliques. C'était avant l'arrivée des moulins à vent qui effraient les acheteurs potentiels.

En France voisine, la multiplication des éoliennes industrielles font perdre non seulement leur cachet aux villages typiques, mais dépriment par la même occasion les courtiers immobiliers qui constatent une dévaluation de l'ordre de 20 % du parc immobilier. Ce sont des hommes de terrain, en relation directe avec la population, qui se prononcent. Mais pour les promoteurs de l'industrie éolienne, les avis et mises en garde de ces professionnels ne comptent pas. Ils préfèrent les études commanditées à des organismes défendant leurs intérêts, qui selon la coutume prouvent à quel point les gens apprécient la présence de mâts de plus de 200 m proches de chez eux.

Certes les communes touchent des compensations financières pour implanter des parcs éoliens sur leur territoire,  mais si le cadre de vie perd son attrait, ce qui est gagné d'un côté est perdu de l'autre, dans des proportions beaucoup plus grandes. Car finalement c'est l'âme de ces lieux qui s'en va avec tout l'attrait qu'ils représentaient pour les acheteurs potentiels.

En Suisse, l'expérience du canton du Jura illustre bien ce phénomène,  les communes qui n'ont pas résisté aux sirènes des promoteurs d'éoliennes (pour se désendetter) doivent faire face au mécontentement d'une partie de leurs habitants ainsi qu'à une perte notable de leur image.

Mots-clés: Eolienne, Jura, Patrimoine, Paysage